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dimanche 12 juillet 2009

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O jour, lève-toi, les atomes dansent,
Les âmes éperdues d'extase dansent,
La voûte céleste, à cause de cet Être, danse;
A l'oreille je te dirai où l'entraîne sa danse;
Tous les atomes qui se trouvent dans l'air et le désert,
Sache bien qu'ils sont épris comme nous,
Et que chaque atome heureux ou malheureux
Est étourdi par le soleil de l'âme inconditionnée.


Tu n'es pas ce corps, tu es cet oeil spirituel...
ce que l'oeil de l'homme a contemplé, il le devient...
C'est sur le champ de bataille
Que dansent et tournoient les hommes;
C'est dans leur propre sang qu'ils dansent.


Rûmî - Le chant du Monde

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vendredi 10 juillet 2009

Ecce Homo

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  • De tels yeux ne voient que de tels oceans

"Tu ressemble à un moustique qui se prend pour quelqu'un d'important. Voyant un fétu de paille flottant sur une flaque d'urine d'âne, il lève la tête et se dit :
"Voilà longtemps que je rêve de l'océan et d'un vaisseau. Les voici !"

Cette flaque de purin lui parait profonde et sans limites car son univers à la taille de ses yeux. De tels yeux ne voient que de tels oceans. Soudain, le vent déplace légèrement le fétu de paille et notre moustique de s'exclamer :

"Quel grand capitaine je suis !"

Si le moustique connaissait ses limites, il serait semblable au faucon. Mais les moustiques n'ont pas le regard du faucon."


Djalâl od din Rûmî

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jeudi 2 juillet 2009

La séparation

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Écoute le Ney raconter une histoire,
il se lamente de la séparation :

“Depuis qu’on m’a coupé de la jonchaie, ma plainte fait gémir l’homme et la femme. Je veux un coeur déchiré par la séparation pour y verser la douleur du désir. Quiconque demeure loin de sa source aspire à l’instant où il lui sera à nouveau uni. Moi, je me suis plaint en toute compagnie, je me suis associé à ceux qui se réjouissent comme à ceux qui pleurent.

Chacun m'a compris selon ses propres sentiments, mais nul n'a cherché à connaître mes secrets. Mon secret pourtant n'est pas loin de ma plainte, mais l'oreille et l'oeil ne savent pas le percevoir. Le corps n'est pas voilé à l'âme, ni l'âme au corps ; cependant nul ne peut voir l'âme. C'est du feu, non du vent, le son de la flûte : que s'anéantisse celui à qui manque cette flamme ! C'est le feu de l'Amour qui est dans le roseau, c'est l'ardeur de l'Amour qui est séparé de son Ami : ses accents déchirent nos voiles.

Djalâl-od-Din-Rûmi

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Le Ney - Kudsy Erguner

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L'Âme du Monde

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Au matin, la lune apparut dans le ciel,
elle descendit du ciel et jeta sur moi un regard :
comme un faucon qui saisit un oiseau lors de la chasse,
cette lune me ravit et m'emporta en haut des cieux.
Quand je me regardai moi-même, je ne me vis plus,
car dans cette lune mon corps, par grâce,
était devenu pareil à l'âme.

Quand je voyageais dans mon âme, je ne vis rien autre que la lune jusqu'à ce que fut entièrement révélé le secret de la théophanie éternelle. Les neufs sphère du ciel étaient toutes immergées dans cette lune, l'esquif de mon être était caché au sein de cette mer. La mer se brisa en vagues, et de nouveau apparut l'intelligence; elle lança un appel; ainsi advient-il.

La mer devint écume, et à chacun de ses flocons,
quelque chose prenait forme, quelque chose s'incarnait.
Chaque flocon d'écume corporel, qui reçu un signe de cette mer,
fondit aussitôt et devint esprit au sein de cet océan.


Djalâl od din Rûmî
Odes Mystiques
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La quête, le chemin

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Il existe bien des chemins de recherche, mais la recherche est toujours la même. Ne vois-tu pas que les chemins qui conduisent à La Mecque sont divers, l’un venant de Byzance, l’autre de Syrie, et d’autres encore passant par la terre ou la mer ?

Par conséquent, la distance de ces chemins à parcourir est chaque fois différente ; mais, lorsqu’ils aboutissent, les controverses, les discussions et les divergences de vues disparaissent, car les cœurs s’unissent… Cet élan du cœur n’est ni la foi, ni l’infidélité, mais l’amour.

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Celui qui est aimé est beau

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Le maitre dit : Celui qui est aimé est beau, mais en revanche il n'est pas nécessaire que tout ce qui est beau soit aimé. La beauté fait partie de la capacité d'être aimé. Être aimé est l'essentiel, quand une chose est aimé, certainement il y a de la beauté en elle. La partie n'est pas séparé de la totalité : elle lui est toujours conjointe.

Au temps de Majnûn, il y avait des belles plus belle que Laylâ, mais elles n'étaient pas aimé de Majnûn.On disait à Majnûn : « Il y a des femmes plus belle que Laylâ. » Il répondait : « En fait, je n'aime pas Laylâ à cause de sa beauté. Laylâ n'est pas pour moi une beauté charnelle, mais elle est comme une coupe.

Dans cette coupe, je bois du vin; De ce vin je suis amoureux. Vous fixez votre regard sur la coupe, mais ne connaissez pas le vin. Si j'avais une coupe d'or incrustée de pierreries et remplie de vinaigre, ou de quelque breuvage autre que le vin, à quoi cela me servirait-il ? Une calebasse usée et cassée dans laquelle il y a du vin vaut pour moi davantage qu'une coupe d'or et cent autre coupe pareilles. »


Djalal ud-Din Rûmî
Le livre du dedans
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L'oiseau de l'âme

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"On dit : "Dans les six directions est la lumière de Dieu."
Un cri s'élève du monde : "Cette lumière , où est-elle?"
L'étranger regarde dans toutes les directions
Dites-lui : "Regarde un instant sans direction."

L’oiseau de l’âme ne désire pas s’envoler vers le ciel
Nulle des six directions ne l’incite à prendre son essor.
Tu demandes : « Où voler à tire-d’aile pour Le trouver ? »
Mais où peut-on s’envoler où Il ne serait pas ?

Si tu es à la recherche de la demeure de l’âme, tu es une âme
Si tu es en quête d’un morceau de pain, tu es du pain
Si tu peux saisir le secret de cette subtilité, tu comprendras :
Chaque chose que tu cherches, c’est cela que tu es.


Djalâl od din Rumi
Rubai'yat (quatrains)

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La beauté

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Il est dommage d’atteindre la mer pour n’y puiser qu’une cruche d’eau,
alors qu’on y trouve des perles et cent mille choses précieuses.


L’eau, quelle est sa valeur ?
Et les sages, de quoi se glorifient-ils ?
Pourquoi le font-ils alors que tout l’univers est une écume sur la mer ?
Cette mer est la connaissance des saints. La Perle, où se trouve-t-elle ?

Cet univers est une écume pleine de brindilles. A cause du mouvement des vagues, du bouillonnement de la mer, cette écume revêt une certaine beauté.

"On a enjolivé pour les gens l'amour des choses qu'on désire: femmes, enfants, trésors d’or et d’argent, chevaux marqués, animaux et champs ; tout cela est la richesse de la vie présente."

Dieu a dit " enjolivé ", pour montrer que ces merveilles ne sont pas en elles-mêmes belles ; leur beauté a été empruntée et apportée d’ailleurs. C’est une fausse pièce recouverte d’or ; le monde, tel un flocon d’écume, est cette pièce, fausse et sans valeur ; mais nous l’avons recouverte d'or.


Djalal ud-Din Rûmî
Extrait du Livre du dedans
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L'Echelle de l'être

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Le moment ou tu viens dans le monde de l’existence, une échelle fut placé devant toi, pour te permettre de t’évader ; d’abord tu fus minéral, puis tu devins plante ; Ensuite tu es devenu animal : Comment l’ignorais tu ? Puis tu fut homme de connaissance, de raison, de foi ; Considère ce corps tiré de la poussière : quelle perfection il a acquise !

Quand tu auras transcendé la condition de l’homme, tu deviendras, sans nul doute un ange ; alors tu en auras fini avec la terre ; Ta demeure sera le ciel. Dépasse même la condition angélique : pénètre dans cet océan, afin que ta goutte d’eau puisse devenir une mer...


Djalal ud-Din Rûmî
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La vérité

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« La vérité est un miroir tombé de la main de Dieu et qui s'est brisé. Chacun en ramasse un fragment et dit que toute la vérité s'y trouve »

Jalâl ud Dîn Rûmî
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